À l’inverse de ses voisins, la France ne parvient pas à promouvoir l’éolienne en raison de l’importance du nucléaire, de l’existence de nombreux opposants et de la complexité des formalités administratives.

L’année dernière, un vent favorable a soufflé sur l’éolienne. Effectivement, après les 4 années de manque de nouvelles installations, une certaine progression s’est enfin manifestée. Mais malgré les 1 042 nouveaux MW ajoutés, qui ont servi à franchir les 9 000 MW, l’éolienne ne suffit pas encore pour atteindre les 25 000 MW (6 000 MW en mer) exigés par Grenelle Environnement. La France figure très bas sur la liste des pays utilisateurs d’éoliennes, très loin derrière l’Allemagne et ses 34 250 MW (2013) ainsi que l’Espagne avec ses 22 959 MW.

La domination du nucléaire

Selon l’experte en énergie de l’association FNE, Maryse Arditi, il est nécessaire de savoir l’importance de l’énergie nucléaire au niveau du mix énergétique afin de comprendre la spécificité de la France. Elle ajoute que plusieurs investisseurs n’envisagent pas de se tourner vers l’éolienne vu que le nucléaire est déjà là. L’éolienne risque d’être supprimée si la France poursuit le nucléaire, martèle-t-elle.

La protestation des antiéoliens

Pour la tranquillité sonore et la préservation du paysage, les antiéoliens protestent contre les programmes de construction de parcs éoliens. Maryse Arditi regrette que les mouvements écologiques ne se soient pas présentés pour appuyer l’éolien alors que les antagonistes gagnaient du terrain. Alors, les industriels n’ont aucun soutien pour favoriser le développement de l’éolienne vu que leur parole ne vaut rien aux yeux des antiéoliens, car leur intérêt est purement économique, poursuit-elle.

 Des projets annulés

Il était prévu que le plus important parc éolien de l’Hexagone (avec 35 machines) soit achevé fin juin sur Pézilla-la-Rivière (Pyrénées-Orientales). Toutefois, le projet a été interrompu fin avril à cause de l’annulation du permis de construire à la demande de la commune de Corneilla-la-Rivière. Selon Frédéric Lanoe, un responsable chez France énergie éolienne, plus de 50 recours d’annulation sont déposés tous les ans par des particuliers contre les constructions d’éoliennes. De tels recours judiciaires nuisent ou retardent grandement la réalisation des projets.

Des démarches administratives difficiles

Pour l’Allemagne, il faut environ 4 ans pour qu’un projet puisse sortir de terre. Mais pour la France, le délai d’accomplissement de toutes les démarches administratives est de 8 ans.